LES ADWARES

Les adwares : définition

Un adware (contraction d'advertising software ou publiciel en français) est un programme propriétaire gratuit (freeware) dont le créateur conserve les droits d'auteur, mais ne réclame aucune redevance pour son utilisation. Celui-ci reçoit une compensation car le logiciel est financé par la publicité qu'il affiche, cet échange de bons procédés lui permet de distribuer sa création gratuitement.

On appelle aussi adware le logiciel de publicité lui-même chargé de gérer et afficher des publicités sur nos ordinateurs et sur les sites que nous visitons, avec notre consentement ou non. Ces publicités sont intrusives et désagréables par destination et malveillantes par nécessité (se comportant en spywares).

Autonomie

Les adwares sont capables de fonctionner seuls, même si le programme ou le site qui a servi de véhicule n'est pas actif. Ils survivent également à une désinstallation du vecteur (trojan) qui les a implantés.

Activité

Les adwares prennent en charge la gestion de la publicité sur nos ordinateurs (comptage, affichage, statistiques, clics, etc ...). Ils sont au service des serveurs de publicités (adservers) qui sont des réseaux d'ordinateurs distants appartenant aux régies publicitaires. Par exemple, l'adware peut demander à l'adserver, le renouvellement d'une bannière publicitaire par une autre, à intervalle régulier, en fonction de votre profil de consommateur.

A de rares exceptions près, les adwares sont aussi des spywares. Ils traquent vos moindres habitudes, faits et gestes de navigation (ou hors navigation), pages et URLs visitées, mots-clés utilisés, données saisies dans les formulaires, programmes utilisés, documents média vus ou écoutés, ... Le but est d'en déduire vos goûts et besoins du moment et dresser ainsi votre profil de consommateur pour vous servir la publicité la plus ciblée possible. Ils rapportent ces informations volées aux adservers de la régie publicitaire qui maintient de gigantesques bases de données des profils de tout le monde.

Les adwares ont aussi en charge de stocker (downloader) les publicités sur nos disques durs pour les resservir hors connexion.

La publicité sur le Web

Et maintenant, une page de publicité ...

Vous n'aimez pas ? Ni à la radio, ni à la télé, ni dans votre presse écrite ? Et bien, nous n'aimons pas non plus sur nos sites. Nous l'aimons d'autant moins que les bannières, devenues tellement nombreuses, ne sont même plus vues par nos yeux et nos cerveaux qui se sont mithridatisés contre ce fléau. Les coins, les bandes gauches et droites de nos écrans ainsi que les bandeaux haut et bas échappent ainsi à tout regard. En 2002, le déclin de la bannière est confirmé : à peine 3 personnes sur 1000 cliquent dessus.

Le modèle économique du Web repose en grande partie sur la publicité. C'est elle qui permet un Web en apparence gratuit. C'est elle qui permet à l'immense majorité des sites de survivre. La lutte contre la publicité décourage l'initiative et tue le Web gratuit.

Mais la publicité est un métier et trouver des annonceurs aussi. Les webmasters sous-traitent donc la publicité à des régies extérieures en mettant à leur disposition un espace sur les pages de leurs sites. Comme cela rapporte 2 ou 3 € par mois, les Webmasters multiplient ces espaces sur leurs pages et commencent à tromper leurs visiteurs (bannières transparentes, implantation rémunérées d'adwares, de spywares, de barres d'outils, de BHOs, ...) à l'insu de leurs visiteurs. Comme ces espaces entrent en concurrence les uns contre les autres, le système commence à déraper. Alors, pour attirer l'attention, la publicité devient multimédia et se met à faire du bruit, à clignoter, à s'animer, ... Bref, il y a longtemps qu'elle a dépassé le seuil d'irritation pour provoquer une véritable réaction allergique et de rejet.

Comme les annonceurs publicitaires deviennent de plus en plus nombreux, il faut cibler leurs lecteurs en profilant chaque internaute de manière à lui délivrer la bonne pub au bon moment et là le système dérape complètement en entrant dans l'espionnage. En 1998 le système est déjà en place depuis des années lorsque Microsoft, absent de cette scène, en prend ombrage et institutionnalise ce profiling par le rachat de la société d'espionnage Firefly et, surtout, son système de centralisation, fusion et consolidation des profils d'internautes en provenance de plusieurs autres sociétés d'espionnage. C'est l'arrivée du fameux GUID dans Windows 98, dans toutes les applications de Microsoft Office 98, etc... Comme le Webmaster veut gagner encore plus d'argent, il veut diriger plus de visiteurs vers son site, alors il se lance dans le spam. Comme cela ne suffit pas, il se lance dans le hijacking (usurpation de votre page de démarrage d'Internet Explorer) et la malveillance. Comme l'internaute se met à lutter contre la publicité, la technologie publicitaire devient de plus en plus inventive (interstitiels, frames, pop-up à déclenchement retardé, smartlinks...) et agressive et, lorsque les parades contre toutes les technologies sont trouvées, l'ultime méthode consiste à obliger au passage sur des pages ou des sites publicitaires avant de pouvoir poursuivre vers la visite souhaitée. C'est le moment de boycotter ces sites avec des filtres DNS et des filtres sur IPs.

Parallèlement, le matraquage et l'agressivité publicitaire ont développé l'effet inverse de celui attendu : la publiphobie et l'hostilité au produit ou service annoncé. Un jour les annonceurs retireront leurs budgets pub du Net qui deviendra ipso facto un Net payant car aucune initiative privée d'envergure ne peut se passer d'un revenu pour survivre.

On prête à Microsoft l'intention d'introduire un anti-pop-up dans sa prochaine version d'Internet Explorer. "Enfin !" crieront certains.

  • D'une part il ne s'agit pas pour Microsoft de protéger les utilisateurs d'Internet Explorer (plus de 90% des internautes du monde) mais de punir ces petits rigolos qui prétendent marcher sur ses plates-bandes, surtout Google et sa toolbar avec son anti-pop-up qui lui permet de faire un espionnage rémunérateur (Google est dans la ligne de mire de Microsoft par tous les moyens : diminutions des ressources, développement d'un moteur de recherche concurrent, etc ...).
  • D'autre part, si Internet Explorer se mettait à bloquer réellement les publicités (les pop-up n'en sont qu'une infime partie), il serait intéressant, d'une manière purement intellectuelle, d'observer comment un marché s'adapterait et se retournerait au niveau planétaire.

Les sites de contenu et la publicité

Qu'on se le dise, la majorité des sites de contenu sont des sites gratuits. Toute peine (utile) mérite salaire. Si le Webmaster ne perçoit pas une juste rémunération de son travail, il finira par abandonner son site. La publicité est une forme de rémunération mais :

  • Trop de pub tue la pub
  • Le recours compulsif des marketer à l'espionnage de nos moindres faits et gestes est inqualifiable en sus d'être totalement illégal.
  • L'établissement de nos profils en flux continu, omniprésent, est en complète contradiction avec les libertés individuelles.

Je le répète : disparition de la pub > disparition des sites gratuits > disparition de l'Internet gratuit > le Net devient ipso facto payant et élitiste. Mais s'ils (les sociétés de marketing, les régies publicitaires, etc ...) avaient eu l'honnêteté et la courtoisie de nous demander poliment ce qui nous intéresse, en nous expliquant qu'il fallait faire entrer un peu d'argent dans l'escarcelle des Webmasters (et beaucoup dans leurs caisses), peut-être aurions-nous eu la gentillesse de le leur dire volontairement. Ce qui nous fout hors de nous, c'est cet espionnage institutionnalisé, sournois, machiavélique, qui fait que ces gens là nous connaissent mieux que nous-mêmes, mieux que notre mère, consolidant nos profils en se revendant ces informations entres eux et vendant ces fichiers aux plus offrants (incluant sectes, gouvernements, mouvements subversifs, polices etc. ...) sans compter les fichiers volés, piratés, détournés, interceptés ...


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mykerinos.net 2007 | dernière mise à jour le 03.02.2007